Du siel à la cève
La couleur porte la mémoire du lieu. Le végétal, le sol, les variations climatiques et les conditions de cueillette produisent des nuances uniques qui ne se répètent pas. Pour Jodie Camus, chaque site devient une matière à observer, expérimenter et traduire dans le textile.
A Andernos-les-bains, elle s'est intéressée à la ligne du paysage, à ses contours et à la manière dont il se plie et se transforme. Ses gestes cherchent à révéler ce qui échappe au regard pressé.
L’exposition se lit comme un voyage d’échelle : on commence très haut, du ciel, avec le bassin comme un grand organisme, puis on descend peu à peu jusqu’au détail : le paysage, les plantes, les nervures d’un tronc, du macrocosme au microcosme.
À un moment, certaines vues deviennent floues : on ne sait plus si l’on observe l’infiniment grand ou l’infiniment petit. C’est ce point entre deux mondes qui intéresse Jodie. Cette zone où le regard doit s’arrêter et réapprendre à voir.
Le pli du tissu, les teintures végétales et les empreintes du territoire deviennent alors des outils pour rendre perceptible ce passage entre macro et micro, mer et végétal, paysage et matière.